Très pratique pour les déplacements répétés en train ce Dickens, Barbe à papa de Philippe Delerm. Une suite de courtes scènes comme à l’accoutumée, qui en dit long, mine de rien. Si les premiers textes n’ont pas la saveur de La première gorgée de bière, les suivants renouent toutefois avec cette veine. La terrasse de café perdue dans les Ardennes, la barbe à papa – plaisir des grands plutôt que des petits –, autant de réjouissances à lire ! Sans oublier ce succulent « Nuage à la salade de pommes de terre » qui a tout compris du voyage en avion. Mais le sommet de ce Delerm, c’est la table basse, reflet social et intellectuel de son propriétaire. L’auteur décrit ce petit objet soigneusement encombré d’un fatras bien trié. Mettre ou ne pas mettre un magasine de décoration ? Au fil des pages, l’on découvre aussi la touchante figure du père dont le défaut de mémoire semble pallié par les textes du fils (et du petit-fils !) puis on lit une belle analyse du « il voyagea » de Flaubert. Cet opuscule se clôt sur « Le bon usage de la pastèque ». Tout un programme auquel je vous invite à goûter !
03 septembre 2008
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