17 mars 2009

Après trois ans...

Déjà trois ans pour ce blog qui, pour souffler ses trois bougies, s'offre son propre nom de domaine :-)
Les widgets sont déballés et on me retrouve désormais là-bas :
www.liberlibri.fr
N'oubliez pas de mettre vos blogrolls et flux à jour :-)

12 mars 2009

Biblioblogades : J - 1

La Fée verte, 18.30 demain,
108 rue de la Roquette, métro Voltaire


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10 mars 2009

Biblioblogades printanières : J - 3 !

Réunion du groupe de travail Bibliothèques hybrides, salon du livre, tout ça promet la présence d'un nombre conséquent de biblioblogueurs dans la capitale le deuxième week-end de mars.
Relation de cause à effet, il y aura des :

BIBLIOBLOGADES le 13 mars, aux alentours de 18.30,

à la Fée verte.

Inscrivez-vous en commentaire ci-dessous, que je tienne les comptes et que je rigole par avance des superstitieux si nous devons être 13 ;-)

09 mars 2009

« Internet et les sciences humaines et sociales : questions d’édition et de collaboration en ligne »

J'ai assisté récemment à une présentation de plusieurs bases de données dans le domaine de l'histoire de l'art. Voici deux des projets présentés ce jour-là.

Publie les comptes-rendus scientifiques en histoire de l’art, en histoire des représentations et en archéologie.

C’est un outil collaboratif d’information scientifique. Il est fondé sur le principe du peer-review pour offrir une visibilité de la production scientifique. Il s’agit aussi de créer une communauté de spécialistes en ligne et d’offrir un espace d’archivage.

Histara a été créé pour pallier plusieurs manques : le nombre des publications scientifiques augmente mais pas les budgets pour les éditer. Les délais d’impression sont souvent trop longs. Les éditeurs sont trop peu nombreux en Europe.

Le site est conçu comme une interface qui mette en relation lecteurs, abonnés, maisons d’édition et auteurs, recenseurs, comité scientifique et webmestre. Bilan : 180 comptes-rendus publiés, autant en préparation. Aujourd’hui, 800 abonnés, 235 recenseurs.

Système plurilingue, avec éditeur WYSIWYG. Police en unicode pour éviter les problèmes de translittération. Le développement d’Histara est un développement maison, sa licence n’a pas été mise en ligne mais on peut prendre contact avec les responsables si besoin.

Portail d’historiographie sur la cour de France : il s’agit pour ces auteurs de montrer ce qui est publié sur ce sujet par des sites tiers et hébergement de publications. Son objectif est de signaler ce qui existe et de faciliter la recherche en offrant des ressources ciblées (sans le bruit des recherches effectuées sur les gros moteurs). Le portail est interdisciplinaire et est consacré à plusieurs périodes. Projet collaboratif de plusieurs chercheurs d’institutions différentes.

800 liens sont présents sur le site. Une veille est effectuée sur Cairn, Persée et Revues.org ainsi que sur Gallica, Google books et dans les archives ouvertes comme HAL, sur les sites des universités et sur ceux des centres de recherche.

Le site accepte les publications et les bases de données. En effet, il existe un vrai besoin de remettre en circulation des études difficiles à trouver sur le marché du livre et des bibliothèques.

Un exemple de partenariat avec l'université de Tours.

Consultable en 3 langues, sous SPIP.


  • Discussion

L’ensemble des participants évoque le problème de la pérennité des données, dont le standard change tous les 2 ans : perte de temps de remettre toujours les données sous des nouveaux standards. Positivisme à court terme avec de l’argent pour développer des projets mais pas pour en assurer la gestion.

les participants rappellent l’importance des formats ouverts, et non plus des logiciels propriétaires.


Tout ça m'interroge : n'est-ce pas un travail de bibliothécaire de signaler les ressources et de faire de la veille ? Qu'avons-nous à apporter à des chercheurs qui mettent seuls en place de tels sites ? S'ils font ce travail sans nous, n'est-ce pas que nous avons laissé un vide quelque part ?

J'ai finalement plus que jamais envie d'aller faire ce stage.

01 mars 2009

Le rituel du thé

Le rituel du thé, cette reconduction précise des mêmes gestes et de la même dégustation, cette accession à des sensations simples, authentiques et raffinées, cette licence donnée à chacun, à peu de frais, de devenir un aristocrate du goût parce que le thé est la boisson des riches comme elle est celle des pauvres, le rituel du thé, donc, a cette vertu extraordinaire d'introduire dans l'absurdité de nos vies une brèche d'harmonie sereine. Oui, l'univers conspire à la vacuité, les âmes perdues pleurent la beauté, l'insignifiance nous encercle. Alors, buvons une tasse de thé. Le silence se fait, on entend le vent qui souffle au-dehors, les feuilles d'automne bruissent et s'envolent, le chat dort dans une chaude lumière. Et, dans chaque gorgée, se sublime le temps.
Muriel Barbéry, L'élégance du hérisson

22 février 2009

Citations corrosives...

...mais point du tout pour les mêmes raisons ! Piquées lors d'une après-midi de lecture au centre de documentation sur les métiers du livre de la ville de Paris, à la bibliothèque Buffon (d'où l'on surplombe le jardin des plantes avec Notre-Dame au loin).

"Malheureusement, je constate que certains jeunes bibliothécaires, marqué par une forte culture web, ont tendance, à se concentrer sur les services aux usagers, plutôt que sur les fonctionnalités des SIGB."
Didier Pied, directeur commercial, Decalog, in "Archimag", 210, décembre 07 / janvier 08

"Continuer à cataloguer au niveau local n'est pas seulement inutile mais aussi nuisible. Cette pratique accapare inutilement le temps d'un personnel qualifié tout en créant des particularités locales qui compliquent le travail en réseau et la cohérence des catalogues collectifs." Quelles raisons freinent ou bloquent cette démarche ? "Principalement, la résistance du personnel, dont une partie persiste encore à croire que cette attribution est emblématique de son métier. Une résistance que tous les responsables n'ont pas le courage d'affronter. Pourtant, les tâches de sélection et de médiation de l'information me semblent infiniment plus valorisante qu'un catalogage qui s'apparente plus à la saisie mécanographique qu'à une activité intellectuelle. Il est grand temps de prendre la complexité de l'information à bras le corps et d'élargir les plages horaires d'ouverture au public afin de retrouver l'essence du métier, la médiation de la connaissance."
Thierry Giappiconi, in "Archimag", 221, février 2009 (c'est moi qui souligne)

16 février 2009

Sociaux ?

Pourquoi ces mots déjà lus à plusieurs reprises m'ont-ils fait soudain penser aux réseaux sociaux ? Dans cet extrait, c'est du jardin des plantes de Montpellier dont il est question, le texte entier est splendide, lisez-le.

"... ce sont des ombres qui se fuient ; mais il n'y a pas d'autre lieu pour y fuir les autres que celui-ci, où la même idée de la solitude attire invinciblement chacun de tous ces êtres absorbés."

Paul Valéry, Monsieur Teste

11 février 2009

Les Grands Moulins

Récemment, j'ai eu l'occasion de visiter la très belle bibliothèque des Grands Moulins. On peut certes lui reprocher un côté "poésie du béton", l'architecte ayant voulu conserver les vestiges de l'ancienne usine, mais ces larges baies ouvertes sur la Seine et ces salles de lecture si claires sont vraiment belles.

Avec l'aide de vacataires et de thésards, une trentaine de titulaires fait fonctionner l'établissement, ouvert cinquante heures par semaine. Une quinzaine de personnes se trouve dans les salles de lecture pour assurer le service public.

1.400 places assises et 150.000 volumes en libre-accès, CDU. 100 postes informatiques, 200 à terme, mais pas au-delà puisque de plus en plus d'étudiants viennent avec leur portable. Pas de wifi mais des tables câblées. Pour plus de détails chiffrés, voir Livres hebdo n° 736. Ci-dessous quelques impressions.

La bibliothèque ne dispose pas de zones de bruit mais l'architecte, également acousticien, a particulièrement soigné les détails : le sol absorbe les bruits (même les talons hauts n'ont aucune chance de se faire remarquer), les chaises ne gémissent pas quand on les tire et les photocopieuses ont été isolées dans des box. Pour aller à la bibliothèque, on pénètre dans un hall, où se trouvent les machines à café, c'est un espace de discussion et de conversations téléphoniques. L'usager entre ensuite dans un second hall, réservé au prêt et aux inscriptions, plus calme. Enfin, pour accéder aux salles de lecture, il doit emprunter ascenseurs ou escaliers, ce qui constitue encore un sas avant l'arrivée dans les salles de lecture. Une personne se trouve dans chaque salle pour les renseignements bibliographiques et du personnel "mobile" circule en permanence dans les locaux.

Un espace audiovisuel a été aménagé pour la consultation de DVD et des salles de travail en groupe sont disponibles. J'y ai vu des matheux attraper un fou-rire en considérant une équation !

La signalétique est très visible : des panonceaux avec des codes couleur sont placés sur chaque rayonnage. Le même code est reporté sur la cote. Les livres consultés doivent être replacés sur des chariots, ceux-ci sont jaunes poussin et ils attirent immanquablement l'œil.

Un établissement à visiter :-)

06 février 2009

Concours

Arcueil, tours sales et grues hérissées dans le ciel pommelé. Ses trains de banlieue qui rythment le moment de l'écriture comme autant d'avertissements du temps qui passe. Les « appareils mobiles de télécommunication » coupés, le monde si loin. Heures d'absence pour mettre en forme des banalités qui présideront peut-être à une vie entière. Heures vaines sans doute.


Note de synthèse : le sport pour les lettres, la fraude scientifique pour les sciences, le vote pour le droit.
Composition : la presse écrite a-t-elle encore un avenir ?
(Bibliothécaire externe)

03 février 2009

Choupette...

Billet qui n' rien à voir avec la bibliothéconomie mais qui est une conséquence directe des biblioblogades !
Voici donc la très renommée Choupette, avec qui j'ai l'honneur de cohabiter ;-)



En star...


En geek...


Avec Choupinou...



Parce que c'était elle, parce que c'était moi...


Aussi futée que Fifi Brin d'Acier (la gamelle d'eau est à côté...)


Vous avez vu la star, voici la bête à l'état naturel...


Encore...


Mais à sa décharge, on a vu pire !

Et si vous en voulez encore, c'est par :-)
Voilà, maintenant, je vais pouvoir reprendre une activité biblioblogosphérique normale :-D

28 janvier 2009

« Drame des sexes », Sylviane Agacinski

« Pourquoi le rapport entre les sexes est-il aussi dramatique ? Pourquoi, entre eux, toujours, le drame ? » Dans cet essai sur trois dramaturges nordiques, Ibsen, Strindberg et Bergman, Sylviane Agacinski s'interroge sur ce conflit fatal qui mine le couple. Le drame au théâtre, qui représente pour elle « le plaisir de la catastrophe amoureuse », naît au XIXe siècle quand l'autorité du mari est remise en cause, au moment où le poids de la religion s'est estompé. Le différend entre les sexes est lié à l'altérité et, dans le huis-clos du couple, il est aisé de montrer l'enfer domestique.

Chez Ibsen, l'homme, désormais sans Dieu, se constitue en fonction de l'Autre mais le drame se noue dès lors que cet Autre, en l'occurrence la figure féminine, se dérobe. Dans Maison de poupée, Nora ne veut plus être aimée, elle veut être reconnue, considérée pour ce qu'elle est. Devant cet ordre qui vacille, l'homme ibsenien est en proie à l'incompréhension et il ne sait s'adapter à cet être qui change face à lui. Le drame réside donc dans une décision conduisant à une « grande métamorphose » qui a selon Joyce la forme d'un réveil.

Le théâtre de Strindberg aborde le rapport entre les sexes d'un point de vue opposé à celui de son aîné. La femme reste toujours celle qui provoque le drame. Toutefois, si chez Ibsen, elle s'émancipait, chez Strindberg, les personnages féminins fissurent la relation du couple par leurs mesquineries diaboliques. La crise de l'autorité masculine, dépeinte d'un point de vue misogyne par Strindberg, est également due à une confusion entre femme et mère. Ces « héros » qui cherchent le sein protecteur de leur femme ne peuvent être considérés par elles comme détenteurs de l'autorité du foyer. Alors que le théâtre d'Ibsen montrait la décomposition d'un ordre traditionnel, Strinberg met en scène une lutte sans merci pour la domination de l'autre.

Bergman, lui, est fasciné dès l'enfance par la comédie de la vie de tous les jours, par le jeu des masques dans la société. Dans Persona, son héroïne se mure dans le silence par dégoût des rôles qu'elle se doit de jouer. Le drame chez Bergman naît souvent de la passion qui emporte les personnages dans une action qu'ils ne maîtrisent plus. En effet, quoi d'autre que la passion pour faire tomber les masques et en finir avec les faux-semblants ? Et Bergman de poser, comme Kierkegaard, la question de la vérité dans le couple. Tout amour tend vers l'enfer chez lui et « le problème du mariage, écrit Agacinski, c'est qu'il a la prétention de vouloir installer l'amour ». La difficulté réside aussi dans ce que l'autre n'accepte pas forcément le rôle qu'on s'efforce de lui faire jouer. De fait, pour Bergman, mettre en scène, scénariser le drame est une façon de s'en soustraire lui-même : « la fabrique de l'illusion protège des tumultes de l'âme parce qu'elle les supplante ».

Finalement, conclut Agacinski, dans notre société individualiste, où l'égocentrisme succède à la communion des êtres, les drames d'amour semblent être devenus désuets. Pourtant, l'amour, comme la démocratie, ne peut que se nourrir et apprendre des conflits qui l'agite. Elle ajoute que l'égalitarisme d'aujourd'hui s'oppose à la dissymétrie des rapports entre les sexes. Ainsi, ces pièces et ces films sont toujours d'actualité car il n'existe et n'existera jamais de solution au drame des sexes : « ce qui nous touche dans le drame, c'est la certitude que tout va recommencer ».

D'un point de vue littéraire, on peut reprocher à Sylviane Agacinski d'avoir choisi des dramaturges et un cinéaste qui servent sa pensée, d'avoir mis les textes à son service et non l'inverse. On peut aussi s'agacer d'études très psychologisantes des personnages, sans cesse comparés à leurs auteurs. Cela dit, la passion de l'auteur pour ses objets d'études est communicative et les analyses fort intéressantes.


"livre critiqué dans le cadre du programme Masse Critique"

26 janvier 2009

Biblioblogades de la Chandeleur (bis)

2 février, 19 heures, à La Fée verte :-)
(108 rue de la Roquette, Paris 11e, métro Voltaire)


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23 janvier 2009

Biblioblogades de la Chandeleur

Suite au succès des précédentes éditions, le 2 février à la tombée du jour, dans un lieu encore tenu secret, auront lieu les troisièmes biblioblogades. Il n'est pas prévu d'y faire autre chose que de rire autour d'un verre. Evidemment, vous pouvez réviser vos classiques...

Blogueurs, twitters, vous êtes cordialement invités à nous rejoindre :-)

Merci à Risu pour le lien ;-)

20 janvier 2009

"Vers l'infini et au-delà"

Pour survivre, les bibliothèques doivent intégrer les immenses bouleversements apportés par Internet et l'univers numérique. Elles doivent repenser leur place dans un monde qui est passé de la rareté à l'abondance des sources d'information et s'imposer comme des partenaires incontournables, devenir des lieux inspirants où la principale richesse n'est pas le média mais la communauté qui utilise la bibliothèque.

Eppo van Nispen tot Sevenaer, "Livres Hebdo", n° 760.

18 janvier 2009

Image du monde flottant

Vivre uniquement le moment présent,
se livrer tout entier à la contemplation
de la lune, de la neige, de la fleur de cerisier
et de la feuille d'érable... ne pas se laisser abattre
par la pauvreté et ne pas la laisser transparaître
sur son visage, mais dériver comme une calebasse
sur la rivière, c'est ce qui s'appelle ukiyo.

Asai Ryoi, Contes flottants

Grâce à la très belle exposition "Estampes japonaises" de la BnF, site Richelieu.