19 juillet 2008
La traîtrise du papier
05 juillet 2008
Web sémantique : catalogage reloaded ?
Où l'auteur de ce blog revient d'une journée sur le web sémantique, essaie d'en rédiger le compte-rendu pour le publier céans avant de mesurer l'étendue de son ignorance informatique et de décider de vous conter une jolie histoire**.
Il était une fois un informaticien qui rencontra une bibliothécaire. Chignon ou pas, t-shirt tâché de pizza ou pas, l'histoire n'en dit mot. Ce que l'on sait, par contre, c'est que ces deux êtres que tout séparait à première vue, se découvrirent un point commun : les données. Elle se désolait des rires qui fusaient dès qu'elle parlait de $a et d'autres grossièretés marciennes, et rêvait de termes communs à toutes les données. Lui, déjà séduit par cette jeune femme, se dit qu'il inventerait par amour un langage qui satisfasse son besoin de normalisation et qu'il lui offrirait l'interopérabilité dont elle rêvait. Et des amours, desquelles nous parlons, naquirent des rejetons qui ne gazouillèrent pas « areuh, areuh » mais « uri, uri ». Le web sémantique était né.
Venons-en maintenant à un petit résumé de la journée (n'hésitez surtout pas à me corriger si je me mélange les balises ;-)). Je tiens à dire que j'ai été impressionnée par la limpidité des communications des intervenants. La néophyte que je suis est ressortie en ayant l'impression d'avoir tout compris ! Pour un vrai compte-rendu, cependant, je ne saurais que trop vous conseiller le travail de Cécile Touitou, de Tosca Consultants (co-organisateur de cette journée). Les slides devraient être mis en ligne, je les attends avec impatience et je ferai une mise à jour du billet dès que ce sera le cas.
Raphaël Troncy, chercheur au CWI (Center for Mathematics and Computer Science)
Ce chercheur a rappelé les origines et les évolutions du web : html, http, url puis xml, dtd...
xml : langage qui sépare les données de la présentation, le fond de la forme. Métalangage.
dtd : standardise les structures (balises autorisées, attributs et enchaînements).
Il a ensuite présenté les principales caractéristiques du web sémantique. Le web sémantique est un web de données, à savoir que chacune d'entre elles est dotée d'une URI (Uniform Ressource Identifier), une sorte de plaque d'immatriculation. Le langage utilisé est le RDF : Ressource Description Framework, c'est la première couche du web sémantique. Le RDFS (S pour schéma) permet de construire des triplets, sous la forme sujet/prédicat/objet, qui seront compréhensibles par la machine. Là, la littéraire a vu réapparaître ses bons vieux cours de grammaire et en était ravie :-) La machine va pouvoir donc pouvoir effectuer des requêtes composites. C'est SPARQL qui permet d'effectuer lesdites requêtes (pour faire geek, dites « requêter en SPARQL » ;-)).
On parle aussi de Linked Data pour le web sémantique : les données, une fois identifiées, peuvent être reliées entre elles, presque à l'infini. On s'achemine donc vers un graphe géant.
Pour résumer, si j'ai bien tout compris, le web sémantique fonctionne selon un modèle proche de notre FRBR. En réalité, les catalogueurs sont de grands sémantiques qui s'ignorent ! Il s'agit cette fois pour nous de ne plus créer notre langage dans notre coin mais de participer à une grande aventure commune qui nous ouvrirait des perspectives géniales et qui nous offrirait une visibilité accrue.
Deux exemples de web sémantique : DBpedia et Geonames.
Olivier Walbecq, Archimed
Bibliothèque 2.0 : donner des espaces d'échanges entre les utilisateurs, créer des communautés, rendre l'utilisateur contributeur.
Fonction du web sémantique : analyse de documents, recherche intelligente, analyse des comportements.
Applications en bibliothèques : à partir d'une sélection faite par l'utilisateur, analyse sémantique et propositions.
Remarque de Gautier Poupeau : il s'agit là de recherche sémantique, non de web sémantique.
Lucile Grand, direction des Archives de France
Présentation du projet du Guichet unique du Ministère de la culture, pour permettre une recherche plus aisée au sein des nombreuses bases du ministère. Effort fait pour la généalogie (exemple des variantes de noms comme Le Normand ou Lenormand).
Dominique Stutzmann, BnF
Nouveau département à la BnF : département de l'information bibliographique et numérique, fusion de la Bibliothèque numérique et de la Bibliographie nationale.
A présenté les différents projets de la BnF dans ce domaine.
Pas plus de détails, j'avais faim, j'avoue ! Et je comptais sur les slides :'-(
Yann Nicolas, ABES
Le SUDOC est né de la fusion de trois bases. Quand l'ABES a réalisé cette fusion, d'immenses cartes de tous les formats existants étaient affichées, sorte de land art bibliothéconomique* :-)
Aujourd'hui, il va s'agir de faire interagir 3 applications : SUDOC, Calames et STAR.
Bref historique du web et du catalogage :
Web 1.0 : Z39.50, FTP, hyperliens 856.
Web 2.0 : SRU, xml, AJAX.
Limites du web 2.0 : pas très générique.
Web sémantique : RDF, RDF & OWL ; RDF/XML & RDFa & SPARQL (SRU qui ne parle pas qu'aux bibliothécaires) ; AJAX. Argh ! Que n'ai je les slides pour vous détailler tout cela. Bis repetita.....
Le web sémantique excite les bibliothécaires qui ont l'impression que leurs vices cachés vont enfin pourvoir s'exposer au grand jour. Si ! Si !*
Calames bientôt en RDF + plugins (Operator : identifie les ressources par URI).
Isabelle Westeel, médiathèque Jean Lévy, Lille
Authenticité des données grâce aux URI versus les moteurs actuels qui indexent des liens commerciaux sans faire de distinction.
Web sémantique : fondé sur les métadonnées, vise à créer des liens entre elles.
Web 2.0 : services
Web sémantique : données
Le web sémantique remet le traitement des données et de l'information au coeur de la bibliothéconomie et du métier (importance du catalogage).
La BM de Lille commence à cataloguer un certain nombre de ressources de la bibliothèque numérique en utilisant le RDF et en attribuant une URI à chacune des données. La question de la pérennité des URI se pose.
Gautier Poupeau, Atos Origin
Le web de données et le web social se complètent, ils ne sont pas disctincts. Notion d'utilisacteur : intégrer les contributions de l'usager au travail du professionnel. Grâce à l'identification de chaque donnée, le problème de la validité de l'information est résolu et l'utilisacteur peut commenter et tagguer gaiement.
Jusqu'à maintenant, la notice était assimilée à un document, pas à des données. Maintenant, chaque composante de la notice, chaque donnée aura son URI. On ne répète donc plus les données, on les lie entre elles.
Bibliothèques : FRBR (modèle), Marc (format), Z39.50, SRU/SRW (protocole)
Web de données : RDF (modèle), Dublin Core, SKOS, MarcOnt (format), SPARQL (protocole)
SPARQL : interroge du RDF. C'est un Z39.50 partagé à l'ensemble des utilisateurs du web.
Web sémantique = web de données géant.
Interview de Tim Berners Lee dans « La Recherche » : le web est un gisement énorme de données. Web sémantique = les relier.
Le web et les bibliothèques ont chacun des besoins qui convergent : le web a besoin d'une structuration des données (notamment à cause de leur croissance exponentielle) Du côté des bibliothèques, on sait déjà structuré les données mais on a besoin d'effectuer un décloisonnement salutaire. Du côté du SIGB, cela passe notamment par le fait d'aller d'un système intégré (top down) vers un système modulaire (bottom up). En effet, le but est de parvenir à une portabilité des données, de créer des ponts entre les différents silos de données. Décloisonner la communauté des données : importance des mashups qui rassemblent les données éparses.
En guise de conclusion, je vous dirai que ce fut une journée extrêmement intéressante et que j'ai eu l'impression d'écouter des personnes qui avaient une vision panoramique sur la bibliothéconomie de demain, avec sans doute quelques années d'avance sur nos pratiques :-)
Pour aller plus loin, je ne peux que vous renvoyer vers le blog de Gautier Poupeau et vers le Figoblog (notamment ce joli article) où l'on trouve beaucoup de billets sur le sujet. Et bien sûr, ne manquez pas les sites du W3C et Web sémantique.
Update le lendemain : je découvre ce matin via Pintini que les recommandations du W3C ont été traduites en français.
** L'allusion aux amours de la bibliothécaire et de l'informaticien n'est pas de moi, la broderie qui suit est par contre née de mon imagination débordante. Et vous aurez reconnu un petit bout de vers de Ronsard dans mon histoire (palimpseste, quand tu nous tiens...).
* Ceci ne vous apporte rien mais c'était si joli que je ne saurais vous en priver, dans ma grande bonté !
28 juin 2008
"Dictionnaire amoureux des chats", Frédéric Vitoux
Difficile de rédiger la critique d'un dictionnaire. Point de récit à évoquer, pas de point de vue sur lequel disserter. D'autant plus malaisé que ce gros livre et moi avons failli très mal commencer ! Ouvert à la page « persan », le dictionnaire révéla que ce chat au museau aplati était un chat « de luxe », « anorexique », « un peu ridicule et même un peu pathétique ». Le persan ! Rien de plus que ces femmes du monde ou ces demi-mondaines que l'on pare en vue de les déposer sur des sofas soyeux et profonds, où elles resteront alanguies des heures durant. Vitoux, lui, préfère les chartreux, leur tête ronde et leur air bonhomme, ces chats authentiques, robustes et affectueux.
Toutefois, même s'ils louent pas les mêmes espèces, les amoureux des chats ont en commun les félins littéraires. L'article Ti-Puss m'a vite donc bien vite réconciliée avec ce livre. Ti-Puss fut recueillie par Ella Maillart lors d'un périple en Inde. Pour dire vrai, ce fut Ti-Puss qui adopta Ella Maillart et fut pour elle un maître de sérénité au moment où le monde perdait la tête, lâchant des bombes sur Hiroshima. « Ella Maillart, en Inde, avait Ti-Puss pour tenir bon face à ces nouvelles d'épouvante, pour l'ancrer dans une existence concrète, réelle, et non dans la nébuleuse attranction du non-être, et lui donner quelques indispensables leçons spirituelles ».
A la page Colette, on redécouvre Mitsou et Saha, pour ne citer qu'elles parmi les nombreux animaux qui ont partagé son existence. Frédéric Vitoux, un peu cuistre, reproche à Colette le côté suranné, presque étouffant de son écriture, chargée d'adjectifs, avant de conclure qu'en cela, Colette est chatte elle-même, toujours précieuse et langoureuse. Et de citer ensuite, comme pour se faire pardonner son reproche, une très belle page sur Mitsou creusant la terre des jardins du Palais-Royal et se heurtant à une taupe. Chatte, Colette ? Oui, chatte de salon qui n'hésite pas à s'enfuir par l'entrebâillement d'une porte pour courir les gouttières et gratter les jardins.
Au Palais-Royal aujourd'hui, note l'Académicien, plus aucun chat ne vagabonde. A croire que les grands du XXe siècle, Colette, Cocteau, les ont tous emportés avec eux, ou que les nouveaux propriétaires ne laissent plus à leurs animaux la moindre velléité de promenade. Quand on découvre que certains Américains font ôter les griffes de leur chat, on ne s'étonne plus de rien !
Les lignes consacrées au chat botté vous révèleront ce qu'il en est des chausses de ce singulier animal mais le plus émouvant dans ce dictionnaire reste sans doute l'entrée Vie. On y découvre la dynastie de chats qui ont accompagné l'existence de Frédéric Vitoux, leurs caractères et leurs manies, leurs petites flagorneries. On y découvre surtout l'admiration jamais entamée de leur propriétaire. Il faut déposer ce dictionnaire amoureux sur sa table de nuit pour ne plus l'y enlever, lui qui compile de surcroît des citations félines, pur bonheur pour qui idolâtre les chats. A savourer le soir, quand la jour s'enfuit, que des lueurs rouges montent dans le ciel et que les chats gris à cette heure commencent à s'agiter au dehors, poussant des feulements qui n'impressionnent plus que les oiseaux ensommeillés.
26 juin 2008
Ariejo, moun pais
22 juin 2008
Spicilège estival
- Paleo-future
Une série australienne :
- The Librarians
Des nuages de tags
- Wordle
Google maps et bibliothèques :
- la carte des bibliothèques 2.0 qui va passer les 100.000 consultations si on insiste encore un peu,
- la carte des lieux du livre en Aquitaine, réalisée par 3 étudiantes de l'IUT Métiers du livre de Bordeaux,
- la carte des bibliothèques qui ont un blog,
Un twitter pour les livres,
- bkkeepr
Un e-book bon marché.
Et une petite image, ramenée de Second Life... Ben oui, le Pacifique me manque, je suis donc partie voir comment cette bestiole réagirait. Elle n'a pas plus réagi que Jules Plof, feu mon poisson rouge, quand je m'approchais de son bocal !

Plus sérieusement, j'ai refait un tour à la bibliothèque francophone, aperçu les fondateurs avec qui je n'ai toujours pas osé engager la conversation... J'y suis retournée plus tard et croisé un autre avatar qui m'a dit avoir découvert l'endroit deux jours auparavant. Ca lui plaisait de pouvoir lire dans ce havre de paix même si c'est un peu long, selon ses dires. Des petits poèmes s'affichaient tandis que nous parlions, c'était très sympathique.
Envie de voir ce qui se fait sur SL du côté hispanophone, je vous tiendrais au courant si j'aboutis à quelque chose d'intéressant.
Et, pour finir, pour fêter le solstice, un petit merengue qui sent bon les soirées d'été...
Le merengue se danse très simplement sur 2 temps, mais il faut savoir menear !
21 juin 2008
Reims : le bilan
Comme les compte-rendus que j'ai rédigés se trouvant sur le blog du Congrès, je peux me permettre de vous livrer mes impressions de ces trois jours sur liberlibri. D'ordinaire, quand j'écris un compte-rendu, je ne m'autorise pas à y glisser des réflexions personnelles. Disons que, pour bien faire, je devrais publier mes notes, suivies de mes remarques. C'est sans compter ma tendance à la procrastination...
Et Reims alors ? Trois journées somme toute assez riches, autant par les conférences que par les échanges avec les hybrides que j'ai eu beaucoup de plaisir à rencontrer.
Le stand a suscité un intérêt que je n'aurais pas imaginé, nous avons eu du monde en permanence et les quelques chaises prévues pour les sessions ne suffisaient pas. Les personnes qui sont venues à nous avaient pour la plupart une connaissance sommaire des outils mais nous avons vu aussi quelques néophytes. Tous se sont montrés très intéressés, voire surpris de la simplicité de ce que nous leur faisions découvrir. Netvibes a remporté le plus gros succès en terme d'audience et d'intérêt.
J'ai quand même eu une discussion sur la veille assez surprenante avec une congressiste. Cette personne me disait que le principal frein à la veille de la part de ses collègues était le fait de pouvoir dégager du temps. Il est vrai, ai-je avoué, que j'y passe pas mal de soirées. Toutefois, je lui proposais de leur signaler l'univers de Bibliobsession, clé en main, mis à jour et bien classé. Mais, m'a-t-elle répondu consternée, ça ne passera jamais. Il faudrait pour cela qu'ils veuillent bien lire le choix des autres et c'est comme pour la récupération des notices, ça ne va pas être accepté ! Et moi d'ouvrir des yeux ronds et de ne pas comprendre cette rigidité à l'égard du travail collaboratif...
Ce qui m'a le plus frappée à Reims, c'est l'intervention de Francine Egger-Sider, bibliothécaire du Collège universitaire de La Guardia (University of New York) qui a montré un pan du métier qui n'est pas encore très développée dans l'hexagone. Sans être une atlantiste échevelée, la présentation de cette bibliothèque m'a ouvert des perspectives vraiment passionnantes.
Chaque semestre, les bibliothécaires de La Guardia dispensent des cours sur la recherche documentaire et la recherche sur internet. Jusque là, rien de bien nouveau. Ce qui est notable par contre, c'est le fait que les bibliothécaires et les enseignants sont considérés comme des égaux. Ils ont les mêmes salaires et mènent tous une activité de recherche. Ils sont surtout jugés selon les mêmes critères (publier ou périr). Ainsi, Francine Egger-Sider est l'auteur de plusieurs articles sur le web invisible. Autre point remarquable, la bibliothèque de La Guardia constitue l'un des 12 départements académiques et les cours de maîtrise de l'information apparaissent dans les programmes au même titre que les autres. La bibliothèque est donc entièrement intégrée dans le cursus scolaire des étudiants. (Le compte-rendu complet se trouve sur le blog du congrès)
Cela m'a fait penser que les documentalistes du secondaire ont dû se battre longtemps pour être reconnus comme des porfesseurs-documentalistes, considérant que leur activité de formation à la recherche documentaire est une priorité. Alors à quand une vision moins technicisite de notre métier et des enseignants-chercheurs-bibliothécaires ?
18 juin 2008
Batiste, calicot, cellular, coutil, cretonne, éponge, finette, futaine, limon, lustrine, madapolam, nansouk, oxford, percale, pilou, piqué, plumetis..
... satinette, tartalane, vichy, voile, zéphyr
Un rapport entre tous ces substantifs ? Oui ! Le gossypium ! Ou le coton, si l’on préfère, objet du dernier livre d’Erik Orsenna. De l’Afrique à l’Asie, en passant par les Amériques et la vieille Europe, notre académicien s’est intéressé par le truchement de cette fibre, à l’un des aspects de la mondialisation. Car cette frêle fleur vaporeuse (ou devrais-je dire cotonneuse…) constitue un objet de convoitise et de spéculation. Qu’il s’agisse du paysan malien ou du généticien brésilien, beaucoup fondent dans le coton de mirobolants espoirs. Espoir de survie pour le premier, espoir d’améliorer le quotidien pour le second. Mais, à des lieux de ces rêveurs, se trouvent des pragmatiques. Les Chinois, douze heures par jour, sept jours sur sept au service du coton et ils bâtissent un empire de la chaussette ! Toutefois, il ne faudrait pas croire que ce livre d’Orsenna fût seulement composé d’anecdotes, c’est aussi une réflexion sur les échanges de marchandises et, finalement, surtout sur les hommes qui se les échangent. Une sorte d’ « essai de voyage » comme je l’ai lu quelque part, de « manuel d’économie politique », comme j’ai pu le lire ailleurs. Le talent de cet Immortel réside dans sa pédagogie. Doué d’un don de conteur, en même temps que d’enseignant, Erik Orsenna sait comme personne rendre limpides les imbroglios économiques d’aujourd’hui. De rebutants (pour moi), ils deviennent compréhensibles et, mieux, intéressants. Un tour de force ! D’aucuns lui reprocheront de faire l’apologie de la mondialisation, d’autres de condamner le libéralisme. Qu’importent ces critiques, Erik Orsenna donne à comprendre. De plus, il a pris des risques ; car sachez que, non content d’avoir été chassé de la capitale de la chaussette, il a failli être envoûté par une femme tarare au Kazakhstan. Parbleu ! Un Immortel ensorcelé, on n’ose imaginer ce qu’il eût pu advenir !
15 juin 2008
Les résultats du quizz sur la biblioblogosphère
De retour de Reims, avant de publier un probable "Reims, le off" et un plus sérieux "Reims, le bilan", voici les résultats que les foules déchaînées (restons modeste) réclamaient.
Les drôles de dames de la BBS : elles décoiffent la profession et sont extrêmement inventives. Ce sont les geemiks.
Il a une table à cinq pieds et une chaise à cinq roues : un très grand monsieur de la BBS qui avait publié un billet sur le sujet avant de fermer son blog. C'est Nicomo. (Personnellement, j'ai une table en forme d'oeuf et une chaise en paille, ça doit être pour ça que je ne lui arrive pas à la cheville...)
La tatouée de la BBS : elle nous emmène toujours dans un univers de folie, c'est Val.
Elle possède d'adorables petites chaussures rouges : elles sont en photo sur son blog. C'est Marlène.
Le pâtre de la BBS : le berger qui ramène les brebis, le Guide des Egarés.
Son blog a un nom tout simple alors qu'il ne parle que de numérique : La Feuille.
Elle a un sac plus lourd que le mien, et pour cause : elle y promène un Eeepc. C'est Sophie.
L'aporétique de la BBS : il a appelé son blog Bibliothèque = Public ! JC Brochard.
Il a beau être un enseignant chercheur renommé, il n'en est pas moins sensible au power flower : Affordance qui nous avait montré comment créer de belles fleurs.
L'homme mystère de la BBS : Melvil Dewey, que personne ne connaissait avant les Biblioblogades.
Il adore le design : Vagabondages.
L'écureuil de la BBS : Risu.
Le geek lyrique de la BBS, un petit côté Adamsberg : le très poète De tout sur rien, que j'imagine marcher le long du Maine quand les widgets s'entrechoquent dans sa tête.
Il porte un chapeau, son avatar aussi : c'est la première chose que j'avais vérifié à la première journée Bibliothèques hybrides ! C'est Bibliobsession.
Le stateux de la BBS : Assessment Librarian.
A la BU, elle twitte, dehors elle fait du vélo : Vocivelo.
Les wikis, c'est son dada : c'est le papa de Bibliopedia et notre parrain de blogs à tous ! C'est Bruits & chuchotements.
Elle vient de changer de nom mais on l'aime toujours : Nannybib.
Le musicien du groupe : attention, piège ! Plusieurs réponses étaient possibles. Soit Mediamus, soit Discoblogons.
C'est une blogueuse frugivore : la grande Manue du Figoblog.
La critique était aisée mais la célébrité lui a nui : elle a supprimé la partie Tranche de vie de son blog suite à son référencement sur Bibliopedia. C'est Callyrhoe.
Question subsidiaire :
Il dirige un établissement qui porte le nom d'une arrivée d'étape du Tour de France : Le nombril de Belle-Beille. Il y a une étape de montagne qui arrive régulièrement à Beille, non ?!
Pfff, personne n'a trouvé toutes les réponses. Dommage, je boirais toute seule le champagne spécialement acheté à Reims pour le gagnant !
10 juin 2008
Bibliothèques hybrides au Congrès de Reims
Le groupe de travail ABF bibliothèques hybrides s’est réuni pour la première fois au siège de l’ABF le vendredi 14 mars 2008. Il comprend à ce jour : 21 bibliothécaires (biblioblogueurs ou pas) représentatifs des différents types de bibliothèques (municipales ou d’intercommunalité, départementales ou universitaires ; petites ou grandes) avec une volonté commune de partager et de collaborer autour du concept de bibliothèques hybrides dans le cadre de notre association professionnelle.
Trois grandes idées ont vu le jour et sont en voie de réalisation à des degrés divers :
1 - Animer un stand pour le prochain Congrès de Reims (12-14 juin 2008) :
* pour évoquer les objectifs du groupe et rencontrer de futurs membres ;
* Sur le stand : 4 postes seront mis à disposition des congressistes (2 pour des consultations rapides des boites email (15 min. max.) : l’hybride café; 2 pour des formations individualisées).
* Des temps d’animations autour des outils du web 2.0 seront ponctuellement proposés : cartes google maps, univers netvibes, créer un blog ou un wiki, utiliser del.icio.us ou twitter… (Voir le programme dans l’onglet STAND BIBLIOTHEQUES HYBRIDES). Les membres du groupe présents au Congrès se relaient pour l’animation.
* Les présentations des différents intervenants du Congrès seront mises régulièrement en ligne sur le blog : http://abfblog.wordpress.com/
2 - Proposer un espace d’expérimentation des outils du Web 2.0 nommé Bibliolab sur la future version du site Internet de l’ABF ;
3 - Effectuer un état de l’art en Région ET proposer des journées d’études ou participer à des colloques autour du développement des outils du Web 2.0 pour la bibliothèque :
* Pour l’état de l’art en Région, l’idée est d’avoir un ou plusieurs correspondants dans les groupes ABF pour une remontée de l’information. Une page de mutualisation de l’information a déjà été créée sur Bibliopédia.
* Les membres du groupe se proposent aussi de créer des tutoriels ou de traduire en français des tutoriels de langue anglaise ou autres…
* En concertation avec la commission pédagogique de l’ABF, le groupe proposera son aide pour l’organisation de journées d’études en France autour du développement des technologies dites 2.0 dans les médiathèques ou des formations vers les organismes de formation institutionnels.
Brise
La sombra del viento
09 juin 2008
Narcissisme
Aussi quand mon nom et mon blog se sont trouvés mis côte à côte, je me suis dit qu'il fallait cesser de jouer à cache-cache et je n'ai pas protesté (cela dit, je ne modifierai pas encore mon profil, le temps de m'y habituer ;-)).
Pour ceux qui n'auraient pas repéré l'info, voici de quoi trouver en musique...



Brrr, ça fait tout bizarre quand même, personne n'aurait de cape d'invisibilité ?...
Et puisque nous en sommes aux révélations, j'ai également créé en avril dernier une annexe où déposer les billets trop fantasques pour ce blog désormais officiel...
04 juin 2008
Carte des bibliothèques 2.0
Impatiente que je suis, j'ai finalement créé la carte qui a été depuis enrichie par de nombreux collègues. Merci à eux !
Cette carte est collaborative, n'hésitez pas à la compléter :-)
Agrandir le plan
02 juin 2008
Biblioblogades d'été : J - 10, le quizz
Les biblioblogades d'été auront lieu le jeudi 12 juin à Reims, à l'issue des différentes conférences du congrès de Reims et surtout lorsque les bibliothécaires hybrides (j'en suis !) auront rangé leur stand ! Je suis en effet dans l'impossibilité de maintenir la date du vendredi pour cause d'assemblée générale de l'ABF. On m'a dit grand bien des cafés de la place d'Erlon, comme Les trois brasseurs ou Le James Joyce. Dans l'immédiat, je vous propose de nous donner rendez-vous au stand "Bibliothèques hybrides" et de partir de là :-)
Il reste 10 jours avant ce grand événement. Au cas où vous vous ennuieriez, un petit quizz sur la BBS ! A la question subsidiaire, il ne suffit pas de répondre, il faut surtout dire pourquoi cette bibliothèque porte un tel nom et donner l'explication la plus farfelue possible :-) Les réponses seront examinées lors des blogades et le vainqueur sera désigné à ce moment-là. Je fermerai les commentaires de ce billet le 11 à minuit.
- Les drôles de dames de la BBS,
- Il a une table à cinq pieds et une chaise à cinq roues,
- La tatouée de la BBS,
- Elle possède d'adorables petites chaussures rouges,
- Le pâtre de la BBS,
- Son blog a un nom tout simple, pourtant son rythme de publication et la qualité de ses billets sont époustouflants,
- Il ne fait pas de bruit mais il en dit,
Elle a un sac plus lourd que le mien, et pour cause,
L'aporétique de la BBS,
Il a beau être un enseignant chercheur renommé, il n'en est pas moins sensible au power flower,
L'homme mystère de la BBS,
Il adore le design,
L'écureuil de la BBS,
L'Adamsberg de la BBS,
Il porte un chapeau, son avatar aussi,
Le stateux de la BBS,
A la BU, elle twitte, dehors elle fait du vélo,
Les wikis, c'est son dada,
Elle vient de changer de nom, mais on l'aime toujours, /UPDATE/ elle nous revient !
Le musicien du groupe,
C'est une blogueuse frugivore,
La critique était aisée mais la célébrité lui a nui.
Question subsidiaire :
Il dirige un établissement qui porte le nom d'une arrivée d'étape du Tour de France.
01 juin 2008
Investigation : Millenium, Stieg Larsson
- Vous avez les tomes 2 et 3 de Millenium ? ai-je donc demandé au libraire de mon quartier.
Un peu vexée, je repartis munie de mes deux livres. La difficulté a alors consisté dans le fait de ne pas les lire le soir même. J'avais des invités, ça aurait fait désordre.
J'ai donc entamé le tome 2 au premier jour de vacances. C'est de loin le meilleur des trois. Remarquablement construit, il repose précisément sur l'absence du personnage dont nous rêverions de connaître l'emploi du temps. Le début du deuxième tome est entièremement consacré à Lisbeth Salander. Le lecteur la suit pas à pas jusqu'à ce qu'un événement tragique, où elle est censée être impliquée, se produise. Dès lors que tout le monde cherche Lisbeth, le récit se focalise sur les autres, dont Mickaël, qui tentent de comprendre ce qui a pu survenir. Son absence devient finalement une sorte de présence en creux et Salander n'a jamais été autant là que depuis qu'elle a quitté le récit. Ce tome se fonde finalement sur un balancement entre les deux personnages principaux qui se croisent sans se voir, alors qu'ils sont tellement nécessaires l'un à l'autre.
Dans le dernier volume, Lisbeth est à l'hôpital et il s'agit pour Mickaël de l'en sortir. L'enquête qui se poursuit tout au long de ce troisième livre traîne parfois en longueur. Je ne l'ai pas abandonné pour autant et je ne saurais que vous en recommander la lecture, ou la dévoration !
Moi qui ne suis pas une adepte de cette engeance de critiques littéraires que l'on nomme les généticiens, que j'ai tendance à considérer comme des haruspices, je donnerais pourtant beaucoup pour avoir accès aux brouillons de Stieg Larsson. A-t-il réalisé des cartes heuristiques ? construit des plans comme un général sur le front réfléchit à sa tactique ? Peut-être aurons-nous un jour la chance que ces documents se trouvent dans une bibliothèque qui les numérisent...
Enfin, j'ai été très étonnée de ce que je découvrais de la Suède où il semble qu'un journaliste pût tenir un premier ministre en respect tout en lui précisant calmement qu'il le considérera comme une source ! Quel beau pays que celui-ci, me disais-je. Et de planifier un prochain voyage vers le Nord, pour changer...
29 mai 2008
L'interculturel en bibliothèque
Les différences entre cultures : problèmes ou atouts ? Brian Mac Carron, formateur en communication internationale
Interculturel : regarde en particulier ce qui va faciliter ou rendre plus difficile la communication et la collaboration entre individus et groupes de culture différents. S’appuie sur des niveaux de culture observables comme les comportements verbaux et non-verbaux. Observation des croyances, des valeurs, des normes, de la perception du temps.
Compétences interculturelles : ouverture d’esprit, se connaître et connaître l’autre, augmenter ses connaissances culturelles, développer des techniques interculturelles.
Les centres de ressources pour les métiers de la culture
La bibliothèque interculturelle de Fribourg en Suisse, Anne Rabany
Travaille en partenariat avec différentes associations comme la Croix Rouge, Caritas, l’UNESCO, l’Association livres sans frontières.
Création d’un fonds en langues étrangères dès le départ. Destiné aux migrants et aux Suisses.
Système de mallettes de livres (travail en réseau), accueil de classes.
Offrir aux migrantEs et aux Suisses/ses la possibilité de découvrir d'autres littératures et cultures dans un espace de rencontre et d'échange.
Créer des passerelles entre le pays d'origine et le pays d'accueil et entre les différentes cultures."
La bibliothèque multiculturelle du Mile End et le réseau des bibliothèques municipales de Montréal, Suzanne Arlabosse
Bibliothèque multilingue de Montréal : importante collection de documents en sept langues : arabe, chinois, espagnol, grec, italien, portugais et vietnamien.
Guides du lecteur dans toutes les langues. Possibilité de s’adresser à des agents interprètes pour l’ensemble des services publics.
La médiathèque de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Charlotte Perdriau
Située au palais de la Porte dorée.
Faire connaître et reconnaître la place des immigrés en France.
Fonds essentiellement en langue française.
« L’établissement public de la Porte Dorée - Cité nationale de l’histoire de l’immigration est chargé de rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France, notamment depuis le XIXe siècle et de contribuer ainsi à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française et de faire évoluer les regards et les mentalités sur l’immigration en France. »
Société pour l’Education, la Formation et la Recherche interculturelle : SIETAR, Brian Mac Carron
Organisation mondiale à but non lucratif. 3000 membres.
« Son but est de promouvoir et de faciliter l'expansion des connaissances et compétences dans le domaine de la communication internationale et interculturelle. »
A Paris, bibliothèque de 400 documents.
Activité de congrès très soutenue.
Parler de l’autre dans la littérature de jeunesse
Alliance des éditeurs indépendants, Laurence Hugues
« L’Alliance des éditeurs indépendants est une association française à but non lucratif, créée en 2002 à l’initiative d’un petit groupe de professionnels du livre et d’animateurs de réseaux. Par la mise en place progressive d'un réseau international d'éditeurs – aujourd’hui 70 éditeurs de 40 nationalités, indépendants des grands groupes, qui se rencontrent régulièrement (rencontre de Dakar 2003 ; rencontres des différents réseaux linguistiques en 2004 et 2005) et travaillent ensemble à des projets éditoriaux, l'Alliance des éditeurs indépendants participe à la circulation des idées, à la construction d'une société civile internationale et à la promotion de la bibliodiversité. »
Rencontres internationales, actions de plaidoyers (lobbying), information et promotion des éditeurs.
Projets de co-édition : livre équitable. Mutualisation des coûts pour une diffusion plus large (le livre ne sera pas vendu au même prix selon les pays).
Editions Le Sablier, Hélène Bonis
Objectif : parler de l’autre, se tourner vers celui qui n’est pas encore reconnu.
Modes d’expression : visuelle, audio, écrite.
Editions Chan-Ok, Mme Charbonnier
Travaille exclusivement avec la Corée du Sud.
« Chan-ok, nouvelle maison d’édition jeunesse, invite les 3-9 ans dans une imagerie prodigieuse mêlant passé et présent, formes et couleurs, sens et esprit de la Corée du Sud.
Intégralement conçus par des auteurs et illustrateurs sud-coréens, les livres publiés par Chan-ok reflètent toute la douceur d’une littérature, d’une imagerie venue d’ailleurs et d’un pays d’une grande richesse culturelle. »
Faire vivre un fonds multiculturel en bibliothèque en lien avec les populations
Bibliothèque municipale de Bobigny, Suzanne Arlabosse
Partenariats avec associations, éducation nationale.
Fonds en 6 langues.
Guide du lecteur en 6 langues, sacs de la médiathèque écrits en 6 langues. Publicité dans les quartiers, les centres sociaux, etc.
Possibilité de commander hors-marché dès lors que le fournisseur n’est pas en mesure d’avoir les documents.
Travaille avec des librairies parisiennes.
Pour les albums jeunesse, la bibliothécaire demande un fichier Excel avec une translittération des titres, auteurs, etc. Quand c’est possible, elle demande aussi une traduction (albums jeunesse).
Bibliothèque Couronnes, Paris, Chantal Giordani
Fonds Afrique et monde arabe, créés en 1976.
Tente de faire des animations en relation qui intéressent tous les publics avec ce fonds.
Objectif : faire se rencontrer les différentes populations.
Peu de publicités des animations mais une présence physique dans les salons, etc.
La médiathèque de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Charlotte Perdriau
Médiathèque scientifique avec documentation thématique.
Plutôt en langue française.

