25 janvier 2012

Formation et immersion

J'avais retardé la publication de ce billet, écrit il y a déjà quelques mois. Depuis, il y a eu la migration catastrophique de Delicious et la nouvelle version décevante de Google reader. Et aujourd'hui, une discussion sur twitter me fait le mettre en ligne. Que de temps perdu en formation à présenter les deux outils ci-dessus, qui ne correspondent maintenant plus à nos besoins ! Non contents de rendre nos stagiaires dépendants d'outils désormais obsolètes, nous ne leur avons pas permis de se familiariser avec le web et de choisir leurs propres outils en fonction de leurs préférences et de leurs besoins.

Une précision au préalable : je tiens à dire que je ne me considère pas de ceux qui sont suffisamment à l'aise avec le web : je connais le web 2.0 et quelques astuces sur les navigateurs mais, que la situation se complique et je reste totalement désemparée devant l'écran.

Au fur et à mesure des formations que j'ai pu faire (ateliers pour l'ABF, mais c'était avant de me plonger dans la préparation des concours) et que je fais encore (au travail, pour mes collègues et pour les étudiants), une question a fini par s'imposer : est-ce qu'à privilégier une approche techniciste de l'internet, nous ne faisons pas fausse route ? Je ne parle pas ici de la distinction entre outils et objectifs, qui commence enfin à être posée au début de certaines formations : rien ne sert de se précipiter sur un outil sans savoir vers quel but on veut tendre.
Mon propos se situe encore en amont de ce questionnement. En formation, on se rend compte que lorsqu'on veut faire créer un compte à des stagiaires pour présenter ensuite un outil, très peu connaissent les captchas, tandis que quelques-uns ont encore du mal à écrire leur adresse mail, n'en comprenant pas la construction.
Dans ce cadre, le format du stage pose question. On dispense des formations très ciblées de quelques heures, voire quelques jours, avec de beaux powerpoints, puis plus rien : tout le monde retourne à ses notices... Or a-t-on déjà vu des chirurgiens apprendre leur métier sur diaporama ? (Je tire la comparaison de l'unique newsletter de Nicolas Morin, un des textes les plus percutants que j'ai lu sur les bibliothèques depuis que j'ai commencé à travailler.)
Il me semble qu'on ne forme qu'à quelques aspects minimes du numérique quand il faudrait immerger dans une culture du net. En effet, cette déferlante qu'est l'internet ne va pas de soi pour tous.
Je vois de jeunes collègues s'offusquer que tel ou tel plus ancien ne connaisse pas une astuce sur un navigateur. Mais qui aura pris le temps de leur montrer seulement le fonctionnement du navigateur ? Ils se sont trop formés sur le tas, dans l'urgence des tâches à accomplir. Il ne nous sert à rien de nous indigner contre le niveau, à nous qui manions les flux rss découverts pendant nos études, alors qu'il y a fort à parier que nous serons old style dans pas si longtemps avec nos Netvibes démodés...
Former à des outils reste indispensable, l'utilisation que nous en faisons dans notre travail nous l'impose. Il me semble pourtant que cette approche est trop restrictive. On ne passe pas de vingt siècles de papier à l'écran en un claquement de doigts. Cela, pourtant, les générations d'étudiants que nous accueillons nous y obligent. On dit souvent d'eux qu'ils ne savent pas chercher. Cela est vrai pour une part, ils ignorent tout du web invisible par exemple. Je crois aussi malheureusement que nous convaincre de leur absence de maîtrise du net nous rassure.
Les étudiants ne savent évidemment pas tout mais, nés qu'ils sont avec l'internet, ils y nagent à leur aise. Malgré nos difficultés à appréhender la toile, il nous revient pourtant de les guider. Nos ressources électroniques, l'offre pléthorique sur le web, aussi précieuse que foisonnante, nous y contraignent. Pourtant, comment promouvoir les nouveaux outils quand soi-même on est très fragile dans ce domaine ? Les enseignants savent bien qu'un élève décèle dans l'instant qu'on ne maîtrise pas un sujet.
Ma question, sans aucun embryon de réponse concrète à l'heure actuelle, est la suivante : comment procéder à une acculturation des bibliothécaires au numérique ? Il m'apparaît urgent d'y répondre, l'époque nous imposant de nous situer dans ce paysage de l'information qui se redessine.

18 janvier 2012

13 janvier 2012

Mais de quoi parle-t-on ? (réponse)

Alors ?

"La fiche, qui structure l'ensemble des fichiers, symbolise ce tournant. Les volumes épais et peu maniables des registres sont en effet remplacés par des casiers ou des armoires dans lesquelles des feuillets cartonnés de petit format sont disposés verticalement. Ce système offre de multiples avantages : il permet d'ajouter des éléments, de les modifier ou de les remplacer, de les classer suivant des rubriques et, surtout, de les supprimer. Il est possible désormais de conserver une même structure de classement pendant des décennies et d'en épurer régulièrement le contenu ; cette propriété du fichier permet un changement notable d'échelle dans le stockage des informations. Le maniement aisé de la fiche facilite aussi l'inscription, la consultation et la transmission des informations. Fondés sur des techniques de classement, les fichiers permettaient de constituer des systèmes réticulaires composés d'un fichier central et de fichiers locaux ou spécialisés. Ces systèmes d'information se multiplient au cours du XIXe siècle et l'inscription multiple des individus par une administration nationale a pu être ainsi perçue comme l'expression d'une "mise en fiche de la société" contribuant à l'édification d'une identité légale des personnes.
(...)
Les discours de légitimation de l'extension des nouvelles technologies d'identification se répètent également à travers l'histoire, au XVIIIe siècle, sous la IIIe République en France à la fin du XIXe siècle ou au début du XXIe : les bons citoyens n'ont rien à craindre des mesures destinées à combattre les délinquants ou les illégaux. Mais rien ne peut toutefois garantir des détournements, opérés par un Etat ou un groupe de pression, des nouveaux instruments d'identification dont il s'est doté, comme l'ont montré maints exemples au cours du XXe siècle."
Histoire de l'identification des personnes | Ilsen About, Vincent Denis
 Il s'agit de nous, les citoyens, qui sommes décidément des documents comme les autres !

Brrr ! Il est toujours surprenant de programmer son blog des semaines auparavant. J'avais complètement oublié ce billet quand l'un d'entre vous m'a dit "qu'est-ce qu'on gagne ?" A vrai dire, je n'en sais trop rien...

10 janvier 2012

Mais de quoi parle-t-on ?

Exceptionnellement, je publie une citation sans sa source, mais je le ferai dans le prochain billet, pour vous faire deviner quel est l'objet des fiches dont on parle. Alors ?

"La fiche, qui structure l'ensemble des fichiers, symbolise ce tournant. Les volumes épais et peu maniables des registres sont en effet remplacés par des casiers ou des armoires dans lesquelles des feuillets cartonnés de petit format sont disposés verticalement. Ce système offre de multiples avantages : il permet d'ajouter des éléments, de les modifier ou de les remplacer, de les classer suivant des rubriques et, surtout, de les supprimer. Il est possible désormais de conserver une même structure de classement pendant des décennies et d'en épurer régulièrement le contenu ; cette propriété du fichier permet un changement notable d'échelle dans le stockage des informations. Le maniement aisé de la fiche facilite aussi l'inscription, la consultation et la transmission des informations. Fondés sur des techniques de classement, les fichiers permettaient de constituer des systèmes réticulaires composés d'un fichier central et de fichiers locaux ou spécialisés."

31 décembre 2011

Du côté des BU #11/12

Comme vous êtes sans doute entre le foie gras et le magret, que vous attendez le civet de sanglier et les treize desserts, il n'est pas peut-être pas opportun de se pencher sur un billet de blog.
Le "Du côté des BU #12/1" sera donc sans doute un numéro double mais ceci ne constitue absolument pas une résolution ferme et définitive ;-)


3rd Course: Moulard Duck "Foie Gras en Terrine"

Photo : ulterior epicure. Flickr. CC : BY-NC-ND

25 décembre 2011

Avent #2011/25

Book tree & sparkly ornament display
Photo : LMU Library. Flickr. CC : BY-NC-SA.

Joyeux Noël, avec une photo-bonus par !

24 décembre 2011

Avent #2011/24

Computer Ornament

Photo : TimmyGUNZ. Flickr. CC : BY-NC-SA.

23 décembre 2011

Avent #2011/23

Decoration#3 - Christmas computer (with dinosaur)

Photo : mrlerone. Flickr. CC : BY-NC-ND.

22 décembre 2011

Avent #2011/22

i'm still looking for a christmas-tree ornamental ball made of *glass*

Photo : laimagendelmundo. Flickr. CC : BY-NC.

21 décembre 2011

Avent #2011/21

Ho Ho Ho!

Photo : j.s. clark. Flickr. CC : BY-NC-SA.

20 décembre 2011

Avent #2011/20

Spécial geeks !

Nerdy christmas

Photo : jollyUK. Flickr. CC : BY.

19 décembre 2011

Avent #2011/19

book tree in progress

Photo : LMU Library. Flickr. CC : BY-NC-SA.

18 décembre 2011

Avent #2011/18

Christmas Book Display #2

Photo : Lansing Public Library, Lansing Illinois. Flickr. CC : BY-NC-SA.

17 décembre 2011

Avent #2011/17

Comic book paper chain

Comic book paper chain

Photo : Rrrrred. Flickr. CC : BY-NC.

16 décembre 2011

Avent #2011/16

Jan Brett Christmas Book

Photo : Enokson. Flickr. CC : BY.