20 mars 2012

Au salon du livre...

Tandis que les amandiers s'habillent de fleurs dans mon sud-ouest natal avait lieu le rendez-vous printanier du Paris de l'écrit. Je dis volontairement "Paris de l'écrit" parce que le Salon du livre pourrait maintenant s'appeler Salon du texte, tant le papier est devenu un support parmi les autres en si peu d'années...

Avant d'aller au Salon, j'avais griffonné une courte liste de stands, ceux de ces éditeurs trop souvent absents des tables des librairies, aux si beaux catalogues pourtant : Joca Seria, Le castor astral (dont j'ai découvert qu'il avait publié les œuvres de Tranströmer depuis des années), La fosse aux ours, Fata Morgana, Le bruit du temps...

Au stand du Bruit du temps, une toute jeune fille essayait de vendre au monsieur derrière ses piles de livres une sorte d'agenda (si j'ai bien compris), qui lui permettrait d'être au courant de pleins de choses. Il l'écoutait gentiment. Elle lui a demandé ses coordonnées, le monsieur a dit son nom : "Jaccottet". "Comment ?!" fit-la jeune fille. Je suis partie pendant qu'il épelait avec beaucoup de patience.

Au stand de la Fata Morgana, les œuvres magnifiques de Jaccottet père, que j'aurais bien rapportées à la demoiselle du paragraphe précédent... Quelques allées plus loin, au Fleuve noir, absorbées par les piles de polars qui s'étalent, deux nonnes.

Après ces étonnantes déambulations, retour au monde professionnel. Trois conférences sur les bibliothèques cette année, respectivement à 11h30, 11h30 et 12h. Fallait-il se couper en trois ? Heureusement, les collègues ont beaucoup twitté. La salle de la conférence "A-t-on encore besoin des bibliothèques ?" était minuscule et beaucoup sont restés debout pour l'écouter. J'ai donc tenté une incursion du côté "Les bibliothèques dans le nuage". Au fond de la salle, le son était inaudible si bien que je suis partie à la présentation du Mémento de la médiation numérique au Cercle (de la librairie).

Contrairement à ce que mon impression d'il y a deux ans, le numérique est enfin au centre des préoccupations des éditeurs. La vision qu'ils en ont, par contre, n'est pas pour rassurer la bibliothécaire que je suis. C'est à un véritable rapt de la propriété intellectuelle que certains voudraient nous contraindre ! Verrouiller, vendre, vérifier, l'on a parfois l'impression que le marché du livre numérique va se résumer à ça.

Et les bibliothèques alors ? Les propos du PDG d'Hachette Livre, Arnaud Nourry, recueillis par Actualitté, en disent long :  
"Ces lieux [les bibliothèques] ont pour vocation d'offrir à des gens qui n'ont pas les moyens financiers, un accès subventionné par la collectivité, au livre. Nous sommes très attachés aux bibliothèques, qui sont des clients très importants pour nos éditeurs, particulièrement en littérature. Alors, il faut vous retourner la question : est-ce que les acheteurs d'iPad ont besoin qu'on les aide à se procurer des livres numériques gratuitement ? Je ne suis pas certain que cela corresponde à la mission des bibliothèques."
Aux pauvres le papier, aux riches les livres numériques ? J'avoue que les bras m'en tombent... Il me semblait pourtant qu'il était acquis qu'"Internet est devenu l'espace public du XXIe siècle", pour reprendre les mots d'Hillary Clinton (1). Au moment où l'encyclopédie Britannica annonce cesser ses publications sur papier, se demander quelle offre numérique on propose à nos usagers n'est pas une option pour les bibliothèques, mais un devoir, n'en déplaise à certains.

Côté bibliothécaires malheureusement, j'ai l'impression qu'on ne sait toujours pas, à quelques notables exceptions près, où se situer dans ce monde de l'information qui se redessine, entre des usagers qui s'émancipent et des éditeurs qui passent en force. Les jours défaitistes, ceux où les amandiers fanent, je finis par me dire que je serai contrainte de changer de métier d'ici moins d'une décennie, tout en espérant que l'avenir me donnera tort.

Au moment de repartir travailler, je me suis arrêtée quelques instants encore pour écouter l'enregistrement de La grande table. Jean-Paul Enthoven y disait qu'il se sentait plus le contemporain de Benjamin Constant que de Michel Houellebecq. Quelques rires dans le public et il a ajouté que ça ne l'empêchait pas d'admirer beaucoup Houellebecq. L'autre invité, Nicolas Fargues, évoquait le style magnifique d'Echenoz. Echenoz, une phrase, un bijou. Subitement j'ai réalisé que j'avais presque oublié la littérature en venant au Salon du livre... Elle est bien loin de mon métier la littérature, je le sais déjà, mais je suis repartie nostalgique.

En ouvrant la porte de mon bureau, un rempart de livres sur ma table de travail. Plonger dans les factures,  les commandes et toutes ces tâches mécaniques qui rongent le temps de ce que je pensais être le cœur du métier, transmettre (2). Dans les commandes arrivées, au moins cinq livres que je voudrais lire, autant m'attendent chez moi pour les concours malheureusement. Le bibliothécaire, qu'on caricature souvent comme aigri, ne le serait-il pas par conscience aiguë de la fuite du temps (de lecture) ?

Pas d'amandiers à Paris à ma connaissance, mais les cerisiers vont refleurir bientôt. Au jardin des plantes pour les stars d'essences rares, à Cour Saint-Emilion pour d'autres plus anodins, mais qui ne déméritent pas.

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Notes :
(1) J'ai choisi volontairement l'exemple d'Hillary Clinton : de moi on pourrait toujours trouver à dire que je ne suis qu'une bibliothécaire rêveuse et un peu gauchiste, d'elle pas vraiment ;-)
(2) Mécaniques, pas techniques : ceux qui connaissent le blog savent que je n'ai aucun mépris pour la technique. J'emploie mécaniques pour les tâches qui pourraient être automatisées et ne le sont toujours pas : dire que le catalogage est mort n'a aucun effet performatif sur le quotidien du BAS lambda qui aimerait se consacrer  davantage à la médiation.

07 mars 2012

Dans l'air du temps, les mutations...

Cambiar para Mejorar
Photo : Comcinco. CC : BY. Flickr.
Comme toute personne en poste depuis trois ans dans une même structure, je me suis cette année penchée attentivement sur les postes proposés au mouvement des "BibAss". 

Pour un premier mouvement unifié de feu les BAS et de feu les AB, j'étais surprise de ne pas voir davantage de postes proposés. Mon impression est peut-être erronée cependant, je ne les avais pas vraiment comptés les années précédentes.

Vif regret, toujours pas de profils de postes directement sur Poppée, comme c'est le cas actuellement pour les seuls conservateurs. C'est tellement dommage : pour chaque poste, il faut contacter la bibliothèque, tomber évidemment sur un interlocuteur qui n'est pas d'emblée le bon (l'affaire se corsant si la tutelle est éclatée sur plusieurs sites), qui vous renvoie vers la personne à contacter, qui elle-même vous communique les profils en vous demandant de lui apporter une réponse à son envoi. Il y a aussi les établissements qui ne répondent même pas, mais c'est une autre histoire.

Si les profils étaient consultables sur Poppée, il me semble que les aspirants partants gagneraient un temps précieux de même que les directeurs d'établissement, qui ne passeraient pas leurs journées à envoyer des mails inutiles. C'est sans doute un vœu pieux...

Je parle de mails inutiles parce qu'avec ce mouvement unifié, certains postes sont clairement des anciens postes d'AB, d'autres sont des postes de BAS classiques et peu finalement sont riches et multitâches dans ceux que j'ai pu regarder.

Autre surprise, il m'a semblé voir encore beaucoup de postes de pur catalogage ! A croire que ce mort-là est finalement bien portant et que, quoiqu'on entende dans les journées d'études, le traitement des documents est toujours une tâche qui requiert trop énormément de temps... Étonnant aussi de constater comme certains des profils restent très classiques au moment où l'on parle de polyvalence et de priorité absolue des services au public.

Après cette petite prospection, j'ai vraiment apprécié d'avoir un profil de poste varié et intéressant, ce que je savais déjà, mais j'ai pris conscience que ce n'était pas si courant, ce qui me semble bien dommage...

05 mars 2012

Acquéreurs, gagnez du temps, partagez vos ressources !

Voilà un moment que j'y pensais, un tweet ce matin et Symac l'a fait ! Grand merci à lui !

Je m'explique : en tant qu'acquéreur de BU, nous sommes tous à la recherche de bibliographies et nous passons de longs moments à les débusquer sur les sites des UFR, sur les pages consacrées aux diplômes et aux concours, mais aussi sur les sites de sociétés savantes, d'associations et de libraires. Nous produisons nous-mêmes d'excellentes bibliographies mais sans forcément les signaler à l'ensemble de nos collègues.

C'est vraiment dommage car ce type de recherches est long et fastidieux, aucun site d'université n'ayant caché déposé ses bibliographies au même endroit. Or nous cherchons tous plus ou moins les mêmes ressources, au moins pour les licences et les concours. Les conseils bibliographiques donnés par les enseignants varient évidemment d'une université à l'autre, mais ce sont des mines pour enrichir ses fonds.

Pour éviter de réinventer l'eau chaude à chaque rentrée, je me disais que ce serait bien d'avoir un lieu où entreposer nos trouvailles : la page "Bibliographies" sur Bibliopedia est désormais ouverte.

Faisons-la vivre !

29 février 2012

En BUtinant #12/2

Une livraison un peu maigre, mais la grippe a frappé, contrariant le travail de veille... Je renomme par contre la catégorie pour me débarrasser du très plat "Du côté des BU".

Si vous n'en lisez qu'un
La fronde des chercheurs et des bibliothécaires contre Elsevier s'amplifie ! Et je découvre au moment de mettre en ligne qu'une bataille vient d'être gagnée (la guerre, pas encore, par contre).

Formation
Pour les collègues chargés de cours, deux supports de formation signalés par Tredok : gérer vos références bibliographiques et rédiger vos travaux.


"Nouveaux" outils

Livre-arbitre émet un bémol concernant facebook.
- Nicolas Alarcon, lui, s'interroge sur la fréquence des allergies au chat chez les bibliothécaires (atchoum !). A croire qu'une désensibilisation générale s'impose ;-)

Métier
- Une étude a récemment listé les compétences requises pour aider la recherche, des pistes pour nous qui travaillons en BU chez Thomas Chaimbault.
- En savoir plus sur les learning centres chez Olivier Le Deuff.

Publics
Faute de places et d'horaires adaptés, les étudiants prennent d'assaut les grosses BM, explique Hortensius.


Côté concours...
- Pierre Marige a publié ses impressions après l'épreuve de bibliothécaire d'état en interne.
- Pour ma part, à la demande générale (ou presque) j'ai créé une page sur ce blog résumant toutes mes billets sur le sujet. J'essaierai d'y ajouter peu à peu des liens qui me paraissent intéressants pour les révisions.

Enfin, pour tout savoir sur les wikis
c'est cette présentation qu'il faut avoir vue (par Sylvain, via Silvère. Joli polyptote !)

04 février 2012

Bibliothécaire interne, écrits 2012

J'avais l'intention d'écrire un billet sur le sujet mais les petits jeunes (*) ont été bien plus rapides. Voyez donc chez eux
Qu'ajouter qui n'ait déjà été dit : il faisait très froid, le RER était capricieux, j'ai tenté de me replier dans un endroit tranquille pour ne voir personne avant les épreuves (raté). Arcueil et sa maison des examens sont toujours des endroits tristes à se pendre, devoir y revenir encore n'est pas des plus agréables. J'ai entendu plusieurs candidats de BU dire à la sortie qu'ils étaient contents car ils étaient en pleine "mariannisation" de l'accueil, c'est aussi mon cas. Rien d'autre à dire, c'est un concours de plus de passé, je n'ose plus croire que ça pourrait être le dernier.

(*) Je compte en âge de blog (je ne connais pas les dates d'anniversaire des biblioblogueurs, rassurez-vous) et, en âge de blog, je suis une mémé...

31 janvier 2012

Du côté des BU #12/1

Pour bien commencer l'année, un numéro double puisque je n'avais pas publié en décembre. Certains billets ont donc près de deux mois, une éternité, me direz-vous...
Un petit rappel : ces billets mensuels s'adressent à ceux qui veillent les années bissextiles plutôt qu'aux compulsifs de l'agrégateur ;-) Je m'astreins à leur rédaction car elle m'oblige à archiver les articles qui m'ont paru intéressants.

Si vous n'en lisez qu'un...

- Ce serait sans doute ce coup de gueule de Silvère Mercier à la fin de l'année, coup de gueule que je ne peux que partager. Pour tout dire, je reste interdite de voir le peu de réactions qu'entraînent ces lois et accords successifs qui n'ont de cesse de verrouiller toujours plus la toile.

Pour les concours !

- A ceux qui passent le concours de BAS, ne manquez pas ce billet de Lirographe sur la veille en musique classique, une mine si votre sujet porte sur la musique à l'épreuve de méthodologie de recherche documentaire.
- Un joli billet d'un blog tout neuf sur le "syndrôme de l'éternel candidat", cette lassitude qui finit par arriver inévitablement après plusieurs tentatives aux concours (pour ceux qui composent le 1er et le 2 février, à lire seulement après les épreuves !).

Métier

- Désherbage : un très beau billet sur La grange, qui m'a immédiatement fait penser au désherbage : ce n'est pas une pratique optionnelle, mais un devoir que nous avons de retirer certains documents des collections.
- Horaires : Olivier Tacheau et Alain Carré se sont désolés de la fermeture de nombreuses BU à la fin de l'année alors que les examens commencent très tôt en janvier.
- Docélec (bis) : le fabuleux EEBO arrive enfin, grâce aux licences nationales !!
- Docélec (ter) : c'était le sujet qui faisait bruisser la "bibliotoile" en décembre, on avait trouvé des ouvrages coquins sur Gallica. Cette anecdote m'a fait me poser de nouveau la question de la maîtrise par les bibliothèques des bouquets de documentation électronique et plus largement de l'appropriation de ces grandes masses de contenus par les bibliothécaires en service public (réel ou virtuel).
- Bibasse, ça rime avec ... A la suite de la fusion de la catégorie B, un nouveau sigle à la sonorité étonnante est en train de voir le jour, explique BAS en action.
- Débat : à la suite de l'article de Pascale Kremer dans Le Monde, "La médiathèque mute", Yann Moix a réagi dans une tribune fort passéiste. Plusieurs collègues lui ont répondu, voir notamment chez Hortensius.

Livres électroniques

- Où l'on constate que les éditeurs, inquiets de la contrefaçon des œuvres, utilisent des moyens qui posent beaucoup de questions : Jean-Marc Manach les résume fort bien, avant lui Richard Stallman les avaient prophétisées. Dans ce contexte, il est plaisant de relire Apologie du livre de Robert Darnton, où il explique que la contrefaçon a toujours existé à grande échelle et de façon très organisée.
- "Internet, c'est le Moyen Age" : joli billet qui pointe les similitudes du texte en version papier et électronique.

Droit d'auteur

- Se pencher sur la question et avoir une idée de l'infini...

ACTA, SOPA, PIPA

- Beaucoup d'articles ont paru sur le sujet, celui de Korben définit chacun de ces sigles qui n'ont de rigolo que le nom.
- Au vu du nombre de sites hébergés aux Etats-Unis, SOPA nous concerne tous et le monde éducatif n'est pas épargné par ses effets.
- Même chose pour HADOPI, comme on a a pu le constater avec les déboires d'un commissariat.

Université

- Assez étonnée par ces mots, rapportés par Anthropopotame : "L'université n'est pas là pour former une élite, il y a les Grandes Ecoles pour cela." La crise, décidément, fait des ravages partout.

25 janvier 2012

Formation et immersion

J'avais retardé la publication de ce billet, écrit il y a déjà quelques mois. Depuis, il y a eu la migration catastrophique de Delicious et la nouvelle version décevante de Google reader. Et aujourd'hui, une discussion sur twitter me fait le mettre en ligne. Que de temps perdu en formation à présenter les deux outils ci-dessus, qui ne correspondent maintenant plus à nos besoins ! Non contents de rendre nos stagiaires dépendants d'outils désormais obsolètes, nous ne leur avons pas permis de se familiariser avec le web et de choisir leurs propres outils en fonction de leurs préférences et de leurs besoins.

Une précision au préalable : je tiens à dire que je ne me considère pas de ceux qui sont suffisamment à l'aise avec le web : je connais le web 2.0 et quelques astuces sur les navigateurs mais, que la situation se complique et je reste totalement désemparée devant l'écran.

Au fur et à mesure des formations que j'ai pu faire (ateliers pour l'ABF, mais c'était avant de me plonger dans la préparation des concours) et que je fais encore (au travail, pour mes collègues et pour les étudiants), une question a fini par s'imposer : est-ce qu'à privilégier une approche techniciste de l'internet, nous ne faisons pas fausse route ? Je ne parle pas ici de la distinction entre outils et objectifs, qui commence enfin à être posée au début de certaines formations : rien ne sert de se précipiter sur un outil sans savoir vers quel but on veut tendre.
Mon propos se situe encore en amont de ce questionnement. En formation, on se rend compte que lorsqu'on veut faire créer un compte à des stagiaires pour présenter ensuite un outil, très peu connaissent les captchas, tandis que quelques-uns ont encore du mal à écrire leur adresse mail, n'en comprenant pas la construction.
Dans ce cadre, le format du stage pose question. On dispense des formations très ciblées de quelques heures, voire quelques jours, avec de beaux powerpoints, puis plus rien : tout le monde retourne à ses notices... Or a-t-on déjà vu des chirurgiens apprendre leur métier sur diaporama ? (Je tire la comparaison de l'unique newsletter de Nicolas Morin, un des textes les plus percutants que j'ai lu sur les bibliothèques depuis que j'ai commencé à travailler.)
Il me semble qu'on ne forme qu'à quelques aspects minimes du numérique quand il faudrait immerger dans une culture du net. En effet, cette déferlante qu'est l'internet ne va pas de soi pour tous.
Je vois de jeunes collègues s'offusquer que tel ou tel plus ancien ne connaisse pas une astuce sur un navigateur. Mais qui aura pris le temps de leur montrer seulement le fonctionnement du navigateur ? Ils se sont trop formés sur le tas, dans l'urgence des tâches à accomplir. Il ne nous sert à rien de nous indigner contre le niveau, à nous qui manions les flux rss découverts pendant nos études, alors qu'il y a fort à parier que nous serons old style dans pas si longtemps avec nos Netvibes démodés...
Former à des outils reste indispensable, l'utilisation que nous en faisons dans notre travail nous l'impose. Il me semble pourtant que cette approche est trop restrictive. On ne passe pas de vingt siècles de papier à l'écran en un claquement de doigts. Cela, pourtant, les générations d'étudiants que nous accueillons nous y obligent. On dit souvent d'eux qu'ils ne savent pas chercher. Cela est vrai pour une part, ils ignorent tout du web invisible par exemple. Je crois aussi malheureusement que nous convaincre de leur absence de maîtrise du net nous rassure.
Les étudiants ne savent évidemment pas tout mais, nés qu'ils sont avec l'internet, ils y nagent à leur aise. Malgré nos difficultés à appréhender la toile, il nous revient pourtant de les guider. Nos ressources électroniques, l'offre pléthorique sur le web, aussi précieuse que foisonnante, nous y contraignent. Pourtant, comment promouvoir les nouveaux outils quand soi-même on est très fragile dans ce domaine ? Les enseignants savent bien qu'un élève décèle dans l'instant qu'on ne maîtrise pas un sujet.
Ma question, sans aucun embryon de réponse concrète à l'heure actuelle, est la suivante : comment procéder à une acculturation des bibliothécaires au numérique ? Il m'apparaît urgent d'y répondre, l'époque nous imposant de nous situer dans ce paysage de l'information qui se redessine.

18 janvier 2012

13 janvier 2012

Mais de quoi parle-t-on ? (réponse)

Alors ?

"La fiche, qui structure l'ensemble des fichiers, symbolise ce tournant. Les volumes épais et peu maniables des registres sont en effet remplacés par des casiers ou des armoires dans lesquelles des feuillets cartonnés de petit format sont disposés verticalement. Ce système offre de multiples avantages : il permet d'ajouter des éléments, de les modifier ou de les remplacer, de les classer suivant des rubriques et, surtout, de les supprimer. Il est possible désormais de conserver une même structure de classement pendant des décennies et d'en épurer régulièrement le contenu ; cette propriété du fichier permet un changement notable d'échelle dans le stockage des informations. Le maniement aisé de la fiche facilite aussi l'inscription, la consultation et la transmission des informations. Fondés sur des techniques de classement, les fichiers permettaient de constituer des systèmes réticulaires composés d'un fichier central et de fichiers locaux ou spécialisés. Ces systèmes d'information se multiplient au cours du XIXe siècle et l'inscription multiple des individus par une administration nationale a pu être ainsi perçue comme l'expression d'une "mise en fiche de la société" contribuant à l'édification d'une identité légale des personnes.
(...)
Les discours de légitimation de l'extension des nouvelles technologies d'identification se répètent également à travers l'histoire, au XVIIIe siècle, sous la IIIe République en France à la fin du XIXe siècle ou au début du XXIe : les bons citoyens n'ont rien à craindre des mesures destinées à combattre les délinquants ou les illégaux. Mais rien ne peut toutefois garantir des détournements, opérés par un Etat ou un groupe de pression, des nouveaux instruments d'identification dont il s'est doté, comme l'ont montré maints exemples au cours du XXe siècle."
Histoire de l'identification des personnes | Ilsen About, Vincent Denis
 Il s'agit de nous, les citoyens, qui sommes décidément des documents comme les autres !

Brrr ! Il est toujours surprenant de programmer son blog des semaines auparavant. J'avais complètement oublié ce billet quand l'un d'entre vous m'a dit "qu'est-ce qu'on gagne ?" A vrai dire, je n'en sais trop rien...

10 janvier 2012

Mais de quoi parle-t-on ?

Exceptionnellement, je publie une citation sans sa source, mais je le ferai dans le prochain billet, pour vous faire deviner quel est l'objet des fiches dont on parle. Alors ?

"La fiche, qui structure l'ensemble des fichiers, symbolise ce tournant. Les volumes épais et peu maniables des registres sont en effet remplacés par des casiers ou des armoires dans lesquelles des feuillets cartonnés de petit format sont disposés verticalement. Ce système offre de multiples avantages : il permet d'ajouter des éléments, de les modifier ou de les remplacer, de les classer suivant des rubriques et, surtout, de les supprimer. Il est possible désormais de conserver une même structure de classement pendant des décennies et d'en épurer régulièrement le contenu ; cette propriété du fichier permet un changement notable d'échelle dans le stockage des informations. Le maniement aisé de la fiche facilite aussi l'inscription, la consultation et la transmission des informations. Fondés sur des techniques de classement, les fichiers permettaient de constituer des systèmes réticulaires composés d'un fichier central et de fichiers locaux ou spécialisés."

31 décembre 2011

Du côté des BU #11/12

Comme vous êtes sans doute entre le foie gras et le magret, que vous attendez le civet de sanglier et les treize desserts, il n'est pas peut-être pas opportun de se pencher sur un billet de blog.
Le "Du côté des BU #12/1" sera donc sans doute un numéro double mais ceci ne constitue absolument pas une résolution ferme et définitive ;-)


3rd Course: Moulard Duck "Foie Gras en Terrine"

Photo : ulterior epicure. Flickr. CC : BY-NC-ND

25 décembre 2011

Avent #2011/25

Book tree & sparkly ornament display
Photo : LMU Library. Flickr. CC : BY-NC-SA.

Joyeux Noël, avec une photo-bonus par !

24 décembre 2011

Avent #2011/24

Computer Ornament

Photo : TimmyGUNZ. Flickr. CC : BY-NC-SA.

23 décembre 2011

Avent #2011/23

Decoration#3 - Christmas computer (with dinosaur)

Photo : mrlerone. Flickr. CC : BY-NC-ND.

22 décembre 2011

Avent #2011/22

i'm still looking for a christmas-tree ornamental ball made of *glass*

Photo : laimagendelmundo. Flickr. CC : BY-NC.